La formation repose sur la méthode d’Allard et Feuillâtre, qui a formé plusieurs générations d’hellénistes et demeure, par sa rigueur, l’une des meilleures introductions à la langue grecque.
Cette méthode constitue le fil directeur de l’apprentissage. Les bases grammaticales qu’elle propose sont acquises avec la même exigence par tous les élèves. En revanche, les textes étudiés, les exercices et les approfondissements sont adaptés aux centres d’intérêt de chacun. Les deux premiers cycles de lecture sont consacrés aux Vies parallèles de Plutarque et à l’Évangile selon saint Matthieu dans sa langue originale. D’autres cycles consacrés à Homère, Hérodote, aux Tragiques, à Aristophane, à Xénophon, à Platon ou à d’autres auteurs viendront progressivement enrichir cette offre.
Une place essentielle est accordée à l’étymologie. Au-delà de l’acquisition du vocabulaire, les cours proposent une véritable poétique des racines étymologiques. Les réflexions antiques, notamment celles du Cratyle de Platon, les apports de la sémantique et les grands travaux de Pierre Chantraine et d’Émile Benveniste permettent de suivre l’histoire des mots, leurs transformations et leurs prolongements dans les langues modernes. Chaque mot est étudié comme une constellation de significations. Lire un texte grec, c’est apprendre à reconnaître les correspondances entre les mots, les images et les concepts. L’étymologie n’est donc pas seulement envisagée comme une discipline scientifique : elle constitue une voie d’accès à l’imaginaire des langues. Elle développe peu à peu une véritable intuition linguistique et apprend à retrouver les paysages, les images et les expériences du monde dont les mots ont gardé la mémoire.
Une attention particulière est portée à la qualité de la traduction. Comprendre le grec ancien conduit naturellement à approfondir la maîtrise de la langue française, à enrichir son vocabulaire et à percevoir avec davantage de précision les nuances de la pensée.
Chaque cycle est conçu pour s’adapter au rythme de chacun. Les progrès dépendent moins de la rapidité que de la régularité du travail. L’apprentissage du grec ancien demande une véritable ἄσκησις (askēsis), c’est-à-dire une discipline librement consentie : quelques minutes de travail quotidien, la mémorisation progressive des formes, l’acquisition du vocabulaire et la lecture régulière des textes conduisent peu à peu à une lecture autonome des auteurs grecs.